Phoenix – Wolfgang Amadeus Phoenix
5/03/10
Enfin un zeste de légèreté, d’entrain et de douce mélancolie sur ce blog avec Wolfgang Amadeus Phœnix, dernier album en date (qui commence à dater) du plus international de nos groupes français. Je ne sais si mes oreilles étaient encrassées mais avant l’écoute de cette sainte galette, je n’étais pas particulièrement amateur de cette pop made in France articulée dans la langue de Barack. J’avais même tendance à trouver l’affection que le public anglo-saxon leur portait trop peu justifiée pour être honnête. Que de suspicion…
J’ai depuis invoqué mon droit au retournement de veste pour me prémunir de toute vilenie. Wolfgang Amadeus Phœnix m’a ouvert les yeux, comme Dieu donna la foi qui, je n’en doute pas, brûle encore bien au fond de notre chère Ophélie. Bref, je fus souillé par le talent christique de quatre angelots en baguettes et bérets.
Sur Wolfgang Amadeus Phœnix, il n’y a pas de fausses notes. Non, sincèrement, j’ai eu beau passer 50 fois mon détecteur de déchets, je n’ai rien trouvé qui incite à la réprimande. Finement ciselée, cette pop mélancolique et jouissive ne peut qu’ensoleiller, là où d’autres ensommeillent. Thomas Mars atteint des sommets vocaliques et sa manière de chanter n’est définitivement celle de personne. Le titre de l’opus n’étant pas choisi au hasard, on trouve effectivement par-ci par-là quelques micro-références à des plans bien connus de la musique classique. Cependant, j’avoue que ma relative méconnaissance de la grande musique m’a empêché de pousser plus loin l’expertise. Mais sur certaines pistes, ça saute aux oreilles.
Enfin, chose généralement révélatrice chez le mélomane, la fin de l’album pousse à se relancer dans le voyage. En tout cas, je dois bien être à ma cinquantième écoute et je ne suis toujours pas rassasié.
Et apprendre que Phœnix n’est pas plus (re-)connu chez ses compatriotes a de quoi mettre en rogne. Mais bon, après tout, si une certaine frange du public français préfère mettre sur un piédestal des sacs poubelles enrubannés plutôt que des trophées, je préfère me dire que c’est parce qu’ils ont, comme j’avais encore il n’y a pas si longtemps, les esgourdes pleines de crasse.
Au fait, le clip officiel de Lisztomania est réalisé par Antoine Amadeus Wagner. Et oui, un des descendants de qui vous savez. Dingue, non ?
4 et 5 mars à euratechnologies : Participez aux journées du contenu web !
1/03/10
Vous vous demandiez ce que vous alliez bien pouvoir faire les jeudi 4 et vendredi 5 mars prochains ?
Participez aux Journées du contenu web à Euratechnologies !
Au programme :
- image dans le web,
- écriture web,
- journalisme et web,
- référencement,
- et web analytics.
Du web sous toutes ses coutures, des intervenants d’exception, des petits-fours, des hôtesses et stewards à la dentition exceptionnelle, bref, n’hésitez plus.
Vous aurez même peut-être la chance d’apercevoir mon ombre au détour d’un buffet ou ronronnant sagement sur une chaise puisqu’on m’a donné exceptionnellement l’autorisation de quitter ma cage. Ou plus sérieusement, parce que ma promotion (Master IDEMM) participe également à la fête.
Pour plus d’informations sur les inscriptions et le programme complet des différentes demi-journées, rendez-vous sur Les Z’ed
Les journées du contenu web également présentes sur le Blog Idemmatic, sur Facebook et sur Viadeo.
Black Rebel Motorcycle Club – B.R.M.C.
21/02/10
N’ayons pas peur des mots, je vous le divulgue d’entrée de jeu : B.RM.C., premier album du Black Rebel Motorcycle Club, millésimé 2001, est une tuerie. J’ai pris soin de bien souligner et mis en gras le mot pour que les personnes victimes de cécité sélective puissent ne pas faire l’impasse dessus.
Si B.R.M.C. n’invente pas la roue à couper le beurre, le groupe connaît si bien la règle en vigueur au pays du Rock’n Roll qu’il serait saugrenu de bouder son plaisir. Psychédélisme sombre et poigne étincelante, Black Rebel Motorcycle Club est un gantelet recouvert de verre pilé brandi vers la lune. Un coup de pneu clouté sur la tête des derviches tourneurs en rond de la cochonceté minant nos charts. Au contraire de ces musiciens de peu de vertu, nos BRMC s’échinent à squatter leur matériel électrifié pour de plein plus augustes desseins.
Fait étrange : Ces cuirs noirs-là, quoique nés sur l’argile de l’oncle Sam, ont pourtant choisi l’école anglaise. Grand bien leur en fasse, puisqu’en plus d’étaler des tartines de reverbs avec une gourmandise qui frôle de justesse la condamnation à perpétuité, leurs mélodies sensuellement transmissibles caressent l’esgourde comme le mollard le bitume. Indécollable à l’ouïe, avec ou sans acétone. « Tu peux pas test« , comme on dit chez nous.
Un album à écouter comme il se doit au plus proche du seuil de tolérance, à mis chemin entre l’obole au voisinage et le tapage nocturne.
Lettre à Monsieur le Chat
10/02/10
Lettre à Monsieur le Chat qui s’en allait gaiement miauler sous ma fenêtre nuitamment
Petit chat,
Je ne doute pas que ton aspect mignonnet et tes ronronnements langoureux puissent susciter l’attraction chez la gente féminine ainsi que chez certains de mes congénères mâles. Quand bien même je puisse les en blâmer quotidiennement, démonstrations scientifiques à l’appui.
Cependant, si tu pouvais éviter de revenir chaque nuit pousser tes petits miaulements malsains sous ma fenêtre, je t’en serais fort gré. Tu comprendras bien qu’être réveillé par les vagissements que Mère Nature a décidé de te faire partager avec les nouveaux-nés issus de mon espèce, commence à devenir source d’angoisse chez moi.
Aussi, si tu venais à continuer tes agissements à mon égard, crois-bien que je serais prompte à répandre l’infamie sur tes semblables en pointant du doigt, à tout hasard, votre esprit combinard et votre goût discutable en matière de gastronomie. Soit sûr que certains canidés de mes amis qui, je te l’accorde, ne comptent à l’heure actuelle aucun prix Nobel, n’auraient pas ma mansuétude.
Gros branleur.
Se regarder dans le rétro
7/02/10
L’air de rien, je vieillis. Je me surprends même parfois à me laisser aller à des réactions de vieux cons un peu réac’ sur les bords en matière de plein de trucs. Genre en matière de jeux-vidéo. Tiens, justement, parlons vieilleries vidéoludiques !
Je suis ce qu’on nomme de temps à autre un « nostalgeek » qui, quand il ne se plonge pas dans les derniers paradis virtuels en date (Batman Arkham Asylum en ce moment), se complait dans une sorte de délectation aux vieux pixels.
J’ai eu la chance de connaître le jeu vidéo à l’ancienne, celui qui ne rougissait pas d’afficher ses 256×240 pixels et ses 2 étapes d’animation accompagnés de mélodies midi crispantes. Celui aussi qui ne proposait au joueur aucun système de sauvegarde, un password tous les 5 niveaux, 3 vies, rien de plus. Les jeunes d’aujourd’hui ne peuvent pas comprendre* à quel point leurs ainés en suaient pour terminer leurs cartouches sans tabac achetées à prix d’or.
Anecdote au feu de bois
Anecdote rigolote mais qui expose parfaitement la situation : Il y a près de 20 ans (j’ai relu ce début de phrase dix fois tant il m’est apparu indécent), j’enfournais Super Mario Bros 3 dans ma Nes fraichement déposée par le père-noël. Premier monde, niveau 2 (si mes souvenirs sont bons, je n’ai pas vérifié), il y a un grand trou. J’ai passé plusieurs jours à comprendre comment le passer. Maintenir la touche pour courir, prendre son élan puis sauter. Forcément.
Le manuel ? Je ne savais pas encore lire moi. Et, heureusement qu’il n’y avait que deux boutons sur la manette ^^
J’ai finalement passé le trou, victorieux comme Fosbury s’envolant au-dessus de sa barre. Cet évènement m’est resté imprégné dans la mémoire comme une gravure sur marbre. J’espère encore m’en souvenir dans quelques décennies pour le raconter à mes petits-enfants en mastiquant ma moustache.
Théorie indiscutable
Comme démontré par l’éminent Hubert Reeves, le bon vieux pixel élevé au bon grain de la 2D vieillit paradoxalement bien moins vite que son cadet le pixel d’amplitude 3D qui a d’ailleurs tendance à profiter de sa dimension supplémentaire pour faire le fier, comme on dit chez nous. N’essayez pas de prétendre le contraire, tout joueur ayant connu l’époque bénie des consoles 8bits et 16bits et l’avènement de la 3D vous le dira : Le premier épisode de Sonic reste plus qu’agréable à l’œil alors que le premier Tomb Raider est aujourd’hui d’une laideur sans nom (avec les seins de Lara Croft en forme de pyramides, brrrr). A fortiori la 2D n’a donc pas eu grand peine à devenir l’appeau à nostalgeeks qu’on connaît aujourd’hui.
Même si le souvenir embellit les vieux jeux, c’est toujours avec plaisir que je me refais une partie du toujours excellent Duck Tales (le deuxième jeu livré par le père-noël à l’époque ^^) ou que je me lance dans d’anciennes contrées jamais explorées (Castlevania Rondo of Blood version PC Engine, pour ne citer que le dernier).
J’ai bien envie de finir cet article en vous livrant quelques-unes des bonnes adresses à consulter si, comme moi, vous êtes un esthète du paddle.
- Hardcore Gaming 101 (en anglais, une mine d’or d’informations)
- Retro Game Test, une émission web remplie d’anecdotes intéressantes
- Les éditions Pix’n love éditent d’excellents ouvrages dont le fameux Mook dédié aux vieilleries
- La tests Retro du drolatique Usulmaster (« Lui, c’est un con !« )
Il en reste tellement d’autres mais il faut bien faire un choix ^^
*Vieux con ! Vous pouvez le dire.X-Men Origins : Wolverine
5/02/10
« C’est pas ma guerre…« , fut ma première pensée quand le générique de fin vint (enfin) clore X-Men Origins : Wolverine.
J’avoue, je n’ai jamais été un grand amateur de X-Men, encore moins des films (quoique le tout premier m’a plutôt enthousiasmé à l’époque). Mais cette préquelle/spin-off, centrée sur le personnage de Wolverine, possède en sus ce petit je ne sais quoi qui la rend parfaitement détestable (à mes yeux, s’entend). A aucun moment, je ne suis parvenu à entrer dans l’intrigue, moi qui n’ai pourtant a priori pas grand-chose à reprocher à notre super-mutant poilu.
La faute à un scénario complétement expédié à coup d’explosifs, d’effets spéciaux et autres artifesses hollywoodiens pour cinéphile pas très regardant. Entre les très nombreuses scènes de castagne parfois involontairement comiques, quelques divagations vainement existentialistes ( »Logan, tu n’es pas un animal« ) parachèvent de miner les fondations d’un background qui n’en méritait pas tant.
Pour ne rien gâcher, j’ai personnellement trouvé que la quasi-totalité des acteurs ramait comme jamais pour se trouver une crédibilité au sein de ce ramassis de testostérone ma foi bien lourdingue. Tantôt mal joués, tantôt sur-joués, souvent grotesques, chaque hurlement bestial de Hugh Jackman, chaque regard vitreux de Dominic Monaghan, chaque rictus teigneux de Liev Schreiber constituent autant de flatulences lâchées sur l’héritage du Cinéma.
Bruyant, maladroit et caricatural, X-Men Origins : Wolverine fait au final beaucoup penser à un Rambo malgré-lui. Stalone et le fun en moins. Pas vraiment ce que j’attendais d’un film estampillé Marvel.
La Grippe Acheteuse
7/01/10
Hier, dans un élan de bonté toute virile, deux de mes camarades de promo, que je nommerai pudiquement Chapi et Chapo, m’ont poussé de force dans une série de magasins bariolés de couleur rouge. Leur objectif suintait l’évidence : me faire cracher mes sioux dans des objets de consommation dont je n’avais évidemment aucunement besoin.
Ma carte bleue palpitait dans son fourreau, me sommant d’acheter le moindre bout de plastique indiquant un pourcentage quelconque. Je m’exécutai car aussi vrai que nous possédons une vessie pour la vider au minimum deux fois par jour, un compte en banque est enclin à nous réclamer une liposuccion dès que le coup de départ de la période magique des soldes résonne.
Et là, le drame.
J’étais pourtant persuadé que la jaquette de cet objet vidéoludique me rappelait quelque-chose mais je me précipitai pourtant vers la caisse pour y déposer mon âme tel le dauphin dérouté se jette dans les filets du pécheur. Il faut dire que les chiffres qui affublaient l’objet en question m’avaient séduit par leur légèreté. Et je m’avançai fébrilement derrière une queue de consommateurs prévue à cet effet.
Je cru défaillir en lorgnant une dernière fois le vil tentateur blotti au creux de mes mains : N’avais-je pas déjà, quelque part, juché sur mon étagère dédiée à ma sous-culture préférée, un artefact similaire en tout point ? Point point ? Demi-tour. J’allai bazarder lâchement ma honte en mimant un joueur de basket lors d’une phase particulièrement aérienne de lancer franc. Tête baissé, je ressortis néanmoins un peu victorieux au fond de mon petit cœur.
Je réitérai quasiment l’exploit, dans des proportions moindres tout de même, quelques minutes plus tard dans un autre de ces lieux lobotomisant devant l’œil médusé de mon camarade.
Ok, la grippe A, c’était pas des conneries en fait. J’en ai déjà fait les frais. On signe où pour le vaccin ?
There There de Radiohead
7/01/10
In pitch dark i go walking in your landscape
Broken branches trip me as i speak
A l’épineuse question « Quelle est la chanson de Radiohead que tu préfère ? », je réponds sans sourciller : « There There bien sûr ! » ( Laissant généralement suspicieux mon interlocuteur qui s’attendait forcément à ce que je mentionne Karma Police, Paranoid Android ou encore pire… Creep, d’ailleurs je hais cordialement Creep qui n’est à mes yeux qu’une errance de jeunesse que je pardonnerai volontier au gang de malfrats Oxfordiens qui cédait alors à une rage toute adolescente. Elle était vraiment trop longue cette parenthèse). M’enfin, revenons à nos moutons épileptiques.
There’s always a siren
Singing you to shipwreck
Ai-je oublié de le mentionner mais There There est indubitablement habitée (les relevés sismographiques ne laissent pas de place pour le doute). Cette aventureuse pérégrination au pays des frères Grimm possède ce je ne sais quoi de plus qui fait toute la différence. De l’album Hail To The Thief, coincée entre un nébuleux interlude (The Gloaming) et une contine désemparée (I Will), se faufile, tel un contingent de serpents bigarrés, une colonne vertébrale rugueuse et chaloupée. Un monument : There There.
Why so green and lonely?
And lonely and lonely
Quand les premiers coups de tambours raisonnèrent sur la place d’Arras, un certain jour de Juillet 2008, ce fut comme un coup de semonce, l’annonce d’une extase de 6 minutes, l’aboutissement d’un rêve. J’avoue avoir savouré en tête à tête avec le groupe ce moment comme si les quelques 27.000 autres festivaliers campés autour de moi s’étaient tout à coup désintégrés, se changeant en particules d’électricité pour être recrachés l’instant d’après à travers le mur d’amplis disposé sur la scène. J’étais seul en cet instant, et je voyais défiler sous mes yeux les wagons ectoplasmiques d’une locomotive fantôme. Une allure monotone où chaque borne battait le rythme le long d’un chemin de fer larvé entre les collines ensommeillées et les ombres des arbres solitaires. Puis la fin du sentier, où le cri de la machinerie fulminante, devenue incontrôlable, se perdait dans un mur de brouillard. Un sifflement déjà lointain. Cette course à travers la nuit avait laissé une épaisse brume derrière elle, comme un écho sourd dans ma tête, un cœur étranger qui battait en moi.
There There, Oct. 2008, Saitama There There, version clip officiel There There, version acoustiqueWe are accidents
Waiting waiting to happen.
2010, l’année de la saucisse !
3/01/10
Sacrée année 2009 ! Tu nous auras bien fait rire : Crise financière, Prix nobel de la paix, attentats suicides, Prix Renaudot, Bashung, Windows 7, licenciements, Psp Go, Moyen-Orient, Filip des 2Be3, bébés congelés, Darfour, grippe A, France Télécom, Irak, Mickael Jackson, Prince Jean, enlèvements,… Je pourrais continuer à énumérer jusqu’à la nausée ces évènements plus ou moins morbides.
Nous aurons gouté avec à chaque fois un peu plus d’entrain à tes facéties. Sache que nous ne te regretterons pas. Que ton caveau soit scellé, tes lèvres closes et tes fantômes en paix pour au moins une éternité entière.
Dans l’esprit de beaucoup, année 2010 pousse comme une fleur sur un tas de fumier encore fumant. Je ne peux que me joindre à cet élan de douce naïveté. Comme à chaque nouvelle année, les aspirations d’un monde toujours better faster stronger renaissent en filigrane. Et bien heureusement !
De quoi pourrais-je bien vous entretenir ? Que je n’ai pas touché à une seule parcelle de foie gras cette année ? Qu’il recommence à neiger des grumeaux blancs ? Que je rédige ce billet sous les injonctions de l’ange Jeff Buckley lui-même ?
Ah oui ! Les bonnes résolutions, suis-je bête ^^ Je me plie à la tradition en courbant l’échine puisqu’il le faut bien.
J’annonce ! 2010 sera l’année :
- Où j’aurai trouvé un stage qui pète la classe. J’ai bien dit « pète la classe ». Et un boulot de la même envergure.
- Où j’aurai enfin le temps de me remettre sérieusement au japonais. J’ai d’ailleurs commencé à traduire 20th Century Boys, notez la volonté farouche qui m’habite. Je suis quand même passé d’un roman de Natsume Sôseki à du Manga, relativisons l’exploit tout de même.
- Où je rencontrerai enfin la demoiselle de dedans mes rêves, celle qui a le reflet des nymphes et la flagrance des songes. (C’était le moment licence poétique en carton de l’article, désolé, j’ai pas trouvé mieux, il fait trop froid).
- Où mes statistiques Google Analytics darderont fièrement vers le firmament ^^
- Où j’arriverai enfin à retenir trois pauvres gammes à la guitare. Parce que jouer du Paranoïd Android en boucle, ça va bien un moment.
- Où je me prendrai mon quart de siècle dans les gencives sans avoir rien vu venir ! Quel gros fourbe ce Chronos !
- Où Dieu…hum, Fumito Ueda m’aura déposé entre les mains son nouveau chef-d’œuvre nimbé de sa divine lumière. Je sens que je vais encore en verser des larmes.
- Et surtout, où j’aurai atteint un état d’illumination si aveuglant que les évènements de la vie couleront en moi comme de vulgaires ruisseaux glougloutant sous une montagne de basalte. Là, on pourra enfin dire que 2010 n’aura pas été vaine.
D’ici 2011, il est l’heure pour moi de vous souhaiter une bonne et heureuse année 2010. Et, n’oubliez pas, comme le dis Mamie : « Et surtout la santé ! »
The Taste of Tea de Katsuhito Ishii
27/12/09
© CTV International
La famille Haruno est une famille japonaise comme les autres : la fille est obsédée par son double géant, le fils par ses hormones, la mère par son retour dans le monde de l’animation, l’oncle par ses peines de cœur et le grand-père par on ne sait trop quoi mais il en tient une bonne. Sur un mode doucereux et contemplatif, Katsuhito Ishii nous plonge dans le quotidien de ces doux-dingues comme des pommes de terres dans de l’huile de friture.
Sur fond de tapisserie rurale un peu morne et hors du temps, les scènes de douces rêveries et de complètes étrangetés se succèdent à allure lente. On n’est jamais très loin d’un conte de Miyazaki transposé dans la vie vraie du Japon d’aujourd’hui, quelques monstres gentils mis à part et quelques allusions scatos en plus. On y perd autant qu’on y gagne.
J’admets volontiers que le rythme et le ton typiquement japonais auront la peau des moins patients et des moins enclins à s’immerger dans ce genre d’ambiances si particulières. Mais ce désintérêt constituerait une véritable insulte envers les acteurs qui pour le coup sont tous parfaits, chacun dans un registre bien différent, le grand-père mappé, le fils maladroit et la fille lunaire en tête. Difficile de ne pas éprouver de l’empathie envers cette brochette de personnages tous plus atypiques les uns que les autres. Surtout que les seconds couteaux ne sont pas en reste (mention spéciale aux deux Cosplayers rongés du bulbe).
Honnêtement, The Taste of Tea m’a étonné de bout en bout. Par je ne sais quelle formule d’alchimie, Ishii est parvenu à maintenir mon attention les 2h30 durant avec seulement quelques petits artifices techniques et beaucoup d’imagination. Une sorte de Michel Gondry nippon plus porté sur le saugrenu que sur la poésie mais au talent au moins égal.






